André Duroméa, une personnalité angulaire du renouveau du Havre (source photo Paris Normandie)
L'église au centre du village
La France de 2025 et bientôt 2026 n'aura jamais été aussi fracturée.
Mais Le Havre a subit tant de transformation depuis le siècle dernier, que des fractures, architecturales, culturelles, identitaires, sociales, économiques, et j'en passe, y sont légion.
Depuis 1995 Le Havre à embrassé une autre voie que celle de son socialisme historique.
Le Havre est devenu une ville se concentrant sur le capital, l'économie mondialisée. Le "Quoi qu'il en coûte" façon havraise.
Les grandes réalisations entreprises par la gestion communiste d'avant 95 seront alors détournées, appropriées, bref Le Havre ne veut plus entendre parler de son passé social et communiste.
On entend partout que le centre René Coty est une réalisation de la gestion de droite du Havre, comme l'université, l'hôpital J. Monod.
On va remettre l'église au centre du village et faire un bilan de la gestion communiste du Havre.
On y verra plus clair, et forcément pour commencer, faut Parler de Dédé la serrure. André Duroméa.
S'il est un livre rare et précieux c'est bien celui ci.
Je me suis basé sur ce dernier pour réalisé un bilan non exhaustif du communisme au Havre. J'ai croisé d'autres sources. "Le Havre Libre", et je suis même allé remuer la vase de "Paris
Normandie".
Comme d'hab, je vous ferais une liste de sources en fin d'article.
La Guerre
On va commencer par poser ça là : Duroméa aura été résistant toute sa vie. D'abord les Nazi, puis le capital.
Dans ma tête c'est un peu la même chose, Les Nazi on conçu la gestion comptable des ressources humaines - expression Ô combien deshumanisante pour designer un être humain. Mais que voulez vous ?
Dans les camps de concentrations puis d'exterminations, il fallait une organisation rigoureuse et structurée pour gérer la viande à mourir qu'était le déporté. Alors m'en voulez pas trop si pour
moi la culture du capitalisme n'est que le fruit de la bête immonde - coucou IBM, coucou Bayer...
Revenons à Dédé la serrure... Je me suis basé sur son propre témoignage, que j'ai croisé avec le dictionnaire Maitron et des sites dédiés à la résistance dans son ensemble.
Il s'engage très rapidement dans la résistance.
Le 13 Mars 1942 il dégoupille une grenade et la fait rouler dans un café rue Jules Lecesne bourré d'allemands.
Chaud bouillant, le 21 mars 1942, avec André Gay, Il dégoupille à nouveau et balance sa grenade dans une patrouille allemande rue de Cronstadt.
Pour plus d'organisation il participe à la création du Mouvement Organisation Spéciale (O.S.).
C'est la naissance de ce qui deviendra les Francs-Tireurs et Partisans (FTP). Des communistes avec des flingues et des grenades.
Il ne chôme pas, en août 1942, il est nommé commissaire aux effectifs à l'état-major des FTP.
À partir de mai 1943, il devient militaire inter-régional sous les ordres d'André Ouzoulias, puis commandant de subdivision.
Tout ça faut l'imaginer comme une armée secrète, avec un commandement des soldats des estafettes etc ...
Duroméa atteint le grade de lieutenant-colonel dans les réseaux Francs-Tireurs et Partisans (FTP), opérant notamment dans le Sud-Ouest et l'Ouest de la France.
En mars 1944 un havrais qui se serait plus au XXIème sècle, le balance aux allemands.
Il est arrêté, condamné à mort, puis déporté au camp de Neuengamme.
Il survit aux conditions extrêmes et est libéré en mai 1945.
Sa présence est attestée sur le navire Athen, épargné lors du bombardement de la baie de Lübeck.
Après guerre, ses actions lui valent la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire en 1949, pour ses faits de guerre entre 1939 et 1945.
Voilà de qui on va parler, et de ce qu'il a réalisé pour Le Havre accompagné de ses adjoints et autres partisans et successeurs politiques.
Ce qui va suivre sera un petit instantané de l'état d'esprit du Havre après Guerre.
Le bilan du communisme au Havre
De 1945 à 1995, la période communiste au Havre, est marquée par des maires comme René Cance, dont je parlerai ultérieurement, et surtout par André Duroméa. Duroméa a transformé une ville dévastée par la guerre en une cité moderne, sociale et équipée, avec un fort accent sur les classes populaires, la démocratisation culturelle et l'équipement des quartiers périphériques. Son idée était d'unir les havrais, brisés par l'occupation allemande, les bombardements, le rationnements, l'occupation americaine.
Plus de 27 000 logements HLM sont construits.
Le budget social et culturel est élevé, eton note une croissance démographique jusqu'à 217 882 habitants en 1975.Je vous rappel juste qu'après la chûte du communisme au Havre, la désindustrialisation marquera une baisse démographique fulgurante.
Une baisse continue due au chômage et au déficit migratoire.
En 1999 : environ 190 905 habitants.
Vers 2016-2020 : autour de 170 000 habitants.
Au 1er janvier 2023 (données INSEE officielles) : 166 687 habitants.
La perte est d'environ 50 000 à 60 000 habitants depuis le pic des années 1970, avec un rythme moyen de -0,3 % à -0,7 % par an selon les périodes (plus marqué entre 2010 et 2020).
Depuis 2017-2023, La baisse ralentit (-0,3 % par an en moyenne, soit environ -577 habitants/an).
Ah le choix du capital dans l'urne ça se paye !
Bref revenons à une époque où la vie était, certes difficile, mais où le lien social et la cohésion havraise était à son pic. C'est la
grande heure du "socialisme municipal havrais".
Ce qu'on doit au communisme au Havre
On va commencer par la base, le centre-ville reconstruit du Havre. Mais si, mais si, celui qui est classé à l'UNESCO. L'architecture Perret est un sujet très complexe, mais totalement
imprégnée de socialisme architectural. Loger le plus possible dans les meilleures conditions possibles. Nombreux sont les Havrais à avoir eu leur première salle de bain, ou bien simplement l'eau
courante et l'eau chaude. Allez donc jeter un oeil à l'appartement témoin. Aujourd'hui il a des allures d'appartement bourgeois de néo-havrais parisiens, c'est dire l'intemporalité du confort
social prodigué par le communisme municipal du Havre.
En clair : la Reconstruction dure de 1945-1964. On parle de l'annexions de Bléville en 1953, de Sanvic en 1955, de Rouelles en 1973. C'est l'heure de
la rénovation des quartiers ouvriers de l'Eure en 1974, d'Arcole-Brindeau-Iéna en 1978-1979, de Dollemard, des Raffineries, du quartier Chauvin, du Vallée-Béreult, des Neiges, de Danton, du Bois
de Bléville
La scène culturelle du Volcan.
Alors véritable repère d'agitateurs socialo-communiste. Les Renseignement Généraux produiront un pavé complet avec la liste des personnalités de cette structure, de leurs tendances politiques, et
de la surveillance à appliquer ou non.
Ah... époque glorieuse où l'on produisait des données papiers qui finiront à la bennes à ordure à la merci des chiffonniers...
Le Volcan est conçu par Oscar Niemeyer, encore un coco...
C'est le moment des festivals avec Juin dans la rue en 1977.
Des espaces de culture et de tissus social, les CLEC sont repartis dans toute la ville. Les mairie de droite à partir de 1995 les détruirons un par un,
ou les transformerons en des lieux à moitié fantôme... Les CLECs c'est une pierre angulaire qui a lié des générations de havrais dans la culture. Il y en avait dans des quartiers comme Soquence
en 1971, Aplemont, Caucriauville, la Mare-Rouge, Montgaillard, le Perrey, l'Eure, les Neiges, Massillon-Bourdaloue, le Vallée-Béreult.
C'est aussi l'heure de développer les musées comme à Graville en 1953, l'Ancien-Havre en 1955, Malraux en 1961, le Muséum en 1953, la Bibliothèque
en1967 sans compter ses annexes. LeConservatoire/École beaux-arts, les théâtres dont celui de l'Hôtel de Ville en 1967. Bref Il vous en faut plus ?
Alors parlons du parc de Montgeon...
Et d'ailleurs, c'est un rescapé à bien des égards. Le bois des hallates (les bois de Montgeon) s'étendaient bien davantage au XIXème siècle, mais la
bourgeoise de l'époque l'a découpé comme un jambon vendant morceau par morceau pour constituer le secteur frileuse presque jusqu'à applemont et Sainte Cécile... Le capitaliste quand il a faim il
ne fait pas les choses à moitié.
Je revois encore les images de la une dans la presse lors de l'inauguration de l'espace Coty, présenté comme une réalisation sans précédent de la
nouvelle mairie de droite du Havre.
Et bha non ! Le projet, les bases, l'initiations c'est communiste.
Mais rendons à césar ses lauriers, couper le ruban c'est le capital !
L'Université du Havre date de1984. Elle est pensée de 1967 à 1970, L'ISEL en 1994. C'est quand même 12 000 étudiants en 2011.
Le Communisme au Havre c'est des dizaines écoles/collèges rénovés/construits, des crèches, des Zone d'éducation prioritaires, des Maisons de l'enfance à
Trigauville, Pauline-Kergomard. Et les centres aérés jusque dans les années 1980.
Le stade Deschaseaux était en piteux etat après guerre, il est rénové dans les années 1970. La ville soutien HAC accessoirement en 1re division. La mairie communiste vote la construction de salles de sports de terrains d'entrainement, de piscines de cours de tennis (Dumont-d'Urville, Caucriauville, Chauvin). En 1979 le budget sports est même accru jusqu'à 6,18%.
Les logements sociaux sont multipliés, 27 000 unités HLM de 1965 à 1980, Caucriauville, Montgaillard, la Mare-Rouge, Dollemard. Des aides aux chômeurs sont votées, jardins ouvriers, transports gratuits, ou tarifs réduits, cantines scolaires (13 000 repas/jour), colonies de vacances, crèches/haltes-garderies, 14 résidences pour personnes âgées !
Le communisme au Havre c'est aussi la modernisation nécessaire du port (conteneurs, Port 2000, 16 000 emplois).
Gentrification post communiste
Alors bien entendu, je ne vois pas les choses en noir ou en blanc (ou rouge héhé), mais j'ai écrit cet article car depuis que Je suis petit, je n'ai eu de cesse d'entendre Ô combien le
communisme au Havre avait fait tant de tort à la cité. Que 1995 avait signé la véritable renaissance du Havre après guerre.
C'est quand j'ai eu 18-20 ans que j'ai compris que tout ce qu'on m'avait dit n'était qu'un ramassis de conneries... Pis encore, que ce que moi j'aimais du Havre n'étais absolument pas le
fuit de sa municipalité du capital. Puis j'ai vu les CLECs disparaitre un par un. J'ai vu Le Havre se gentrifier, virer les pauvres, et accueillir une population qui ne connaissait rien à
l'histoire de cette ville.
En soit ce n'est pas un problème, mais l'absence de curiosité, symbolisé par le fait d'appeler un putain de goéland "une mouette" m'a rendu aigri. Puis Le COVID a frappé. Les Parisiens
ont deferlés par la suite sur nos côtes, annexant Etretat. Jadis il se contentaient de Deauville Honfleur, Rouen. Et ça me semblait un bon compromis.
Oui, Oui, c'est vrai la droite à fait quelques réalisations bénéfiques, je salue le retour du tramway, ou encore les travaux invisibles des infrastructures comme les égouts, le chauffage
urbain, les bassins de rétentions...
Mais pour autant ce n'est pas une raison valable pour mépriser le passé communiste du Havre.
En bref, votez dur, votez mou, mais votez dans le trou en Mars 2026 !
Sources :
- Page Wikipedia "Le Havre" (sections Histoire, Urbanisme, Politique locale, Culture, etc.)
- Site officiel de la Ville du Havre (lehavre.fr) – Archives municipales, pages sur l’histoire, la culture (Le Volcan, festivals), les espaces verts (Montgeon, Rouelles), l’université, le port.
- Article "Le Havre, une ville communiste ? 1945-1995" – Analyse historique détaillée sur la gestion municipale communiste
- Ouvrage "Le Havre 1944-2004 : de la reconstruction à la renaissance" – Détails sur la reconstruction Perret et les politiques urbaines post-guerre.
- "André Duroméa, un maire communiste au Havre" – Biographie et analyses de sa gestion (logements, culture, sport).
- Archives et bulletins municipaux du Havre (années 1970-1990) – Données chiffrées sur les constructions (27 000 logements, écoles, crèches), budgets culture/sport, CLEC.
- Site de l’Université Le Havre Normandie – Historique de la création de l’université (racines 1967, officialisation 1984).
- Articles de presse locale (Paris-Normandie, Havre Libre, Havre Presse) – Couverture des inaugurations (Le Volcan 1982, festivals Juin dans la rue, rénovation stade Deschaseaux).
- INSEE et statistiques démographiques – Données sur la population (pic 1975), emploi portuaire, composition sociale.
- Patrimoine UNESCO – Dossier sur le centre-ville reconstruit par Auguste Perret – Contexte de la reconstruction poursuivie sous les municipalités communistes.
- Travaux académiques (thèses ou articles universitaires sur le "communisme municipal" en France, notamment au Havre) – Analyses des politiques sociales, culturelles et sportives.
- Site du Groupe Hospitalier du Havre – Historique de l’hôpital Jacques-Monod.
- Documents sur le port du Havre (HAROPA Port du Havre) – Modernisation conteneurs et Port 2000.
- Pages dédiées aux équipements culturels (Le Volcan, MuMa André Malraux, bibliothèques).
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Goe LH (dimanche, 28 décembre 2025 15:24)
Bel article mon ami mais rendons à Dédé ce qui est à Dédé il y a aussi l'aménagement de la plage. Coté politique je dirais que les "isme" ne nous amène que du malheur et n'améliore pas les hommes. Comme dit Souchon :
"Putain ça penche
On voit le vide à travers les planches
UnHavrais (jeudi, 01 janvier 2026 17:01)
Bel article mais il y a quand même un parti pris important.
Pour en énumérer quelques uns :
-la population n’a pas baissé avec la chute du communisme au Havre mais suite au premier choc pétrolier dans les années 70 qui s’est accompagnée par une désindustrialisation. Soit 20 ans avant l’arrivée de la droite à la tête de la ville.
- la reconstruction du centre-ville n’a rien à voir avec la mairie communiste car débutée en 45 (soit plus de 10 ans avant l’arrivée des communistes) et directement gérée par le Ministère de la Reconsteuction (bien que le Conseil Municipale ait pu mettre son nez dedans, mais sous Pierre Couranr, donc pas les communistes encore une fois)
-l’aménagement de Caucriauville n’a rien à voir avec les communistes, puisque ce dernier était déjà en projet avant la seconde guerre mondiale…
Quant au communisme = socialisme « mignon » et la droite au « tout capital », rappelons également que c’est Duromea (et merci à lui) qui est à l’origine de Coty (bien qu’inaugure ensuite sous Rufenacht), c’est aussi les communistes qui ont réalisés la construction de la Résidence de France, considérée comme bourgeoise, ou encore la destruction du Casino pour réaliser les appartements de standing du Ponant. En parallèle, c’est sous la droite qu’a été réalisé le Conservatoire (alors divisé sur 5 secteurs étalés sur la ville), le Stade Océane, le tramway reliant les quartiers prioritaires au centre ville et à la plage, ou encore la rénovation complète de ces quartiers (Caucriauville, Mare-Rouge,Danton, etc.).
L’Histoire reste faite de nuances !
Bonne année à tous ! :)